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NAOSHIMA, L’ILE REVEE

C’est un musée à nul autre pareil : il est petit, presque invisible et il n’expose que trois artistes.
Pourtant, il est à lui seul une fabuleuse expérience de l’art moderne et contemporain.
Le Chichu Art Museum, à Naoshima, minuscule île de la mer Intérieure de Seto, au Japon à laquelle on accède de Tokyo après 6 heures d’un voyage incertain.
Le bâtiment est l’œuvre du dieu vivant de l’architecture nipponne, Tadao Ando. Littéralement enfoui dans le paysage tel un bunker – en japonais, chichu signifie « enterré » –, on y pénètre presque comme dans lieu sacré.

Les couloirs étroits donnent sur trois installations géantes. Dans une salle, l’Américain Walter De Maria a déployé Time/Timeless/No Time, une pièce mêlant une immense sphère de granit sombre et, alentour, une multitude de sculptures en acajou recouvertes de feuilles d’or.
Dans une autre salle aux tons laiteux, la visite tient, cette fois, du rituel. On y foule un sol incrusté de petits cubes de marbre blanc. Le lieu accueille cinq toiles de la série des Nymphéas, de Claude Monet, subtilement éclairées par la lumière naturelle, dont un gigantesque diptyque de 2 m sur 6 m.

Soichiro Fukutake, propriétaire de l’île et extraordinaire collectionneur d’art, évoque à merveille son projet: « Quand je fais des affaires, mon objectif final est de pouvoir réaliser mes projets à Naoshima. C’est-à-dire créer un paradis. Tout le monde parle d’un paradis après la mort. J’en voulais un pour les vivants. »

C’est chose faite dans la salle voisine, où James Turrell présente Open Sky l’un de ses mythiques Skyspaces. Dans une salle sans plafond, le spectateur s’assoit sur un banc de béton pour guetter les cieux et leurs humeurs. Au loin s’en vont les nuages, et le regard flirte avec la voûte céleste.